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La loi habilitant le gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances n’est toujours pas votée, mais certains articles substantiels ont été adoptés, comme les accords d’entreprise et le plafonnement des indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif. Le dispositif lève en partie l’insécurité juridique qui pèse sur les entreprises et qui constitue un frein évident à l’embauche. La philosophie générale du texte va dans le bon sens, et je n’aurai aucune difficulté à le voter.

Plus inquiétantes sont les volte-face du gouvernement sur la fiscalité. Edouard Philippe renonçait, la semaine dernière, à la suppression de la taxe d’habitation, à la réforme de l’ISF et à la création d’une « flat tax » sur les revenus du capital en 2018 pour contenir les déficits sous la barre des 3%. L’Elysée annonce quelques jours plus tard que ces réformes, et certaines autres : baisse des cotisations chômage et maladie pour les salariés, augmentation de la CSG, entreront en vigueur dès l’année prochaine. Ce qui était impossible hier devient possible aujourd’hui. Qu’est-ce qui a changé en si peu de temps pour justifier un tel revirement ? Certainement pas la situation budgétaire du pays. A moins que ce ne soit l’accumulation des mauvais sondages…

En parallèle, le gouvernement cherche désespérément à faire des économies pour boucler le budget 2017. Le ministre des Comptes publics a dégoté 4,5 milliards de dépenses superflues dans le budget de l’Etat, dont 562 millions d’euros à l’Intérieur et 850 millions à la Défense. Gérald Darmanin assure que les efforts n’impacteront pas les personnels ni les missions prioritaires. Difficile à croire. S’agissant de nos armées, tous les rapports le disent : il leur manque 8 milliards d’euros pour assurer correctement leurs missions. En plein état d’urgence, et alors que nos militaires mènent des missions essentielles en France et au Sahel, ces mesures d’économies sont un très mauvais signal. D’ailleurs, fait rarissime dans les annales militaires : le chef d’état-major Pierre de Villiers a mis sa démission en balance.

La valse-hésitation à laquelle se livre l’exécutif n’augure rien de bon pour la suite. Le président veut tout concilier, y compris des aspirations contradictoires (dépenser moins et honorer ses promesses les plus coûteuses pour l’Etat), sans que l’on sache comment il veut s’y prendre. Les choix immédiats qu’il doit opérer pour boucler le budget en cours nous laissent tout de même un indice : la sécurité des Français n’est très clairement pas sa priorité.

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