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Rien n’est plus difficile que d’exprimer une position tranchée au sujet de ce qui nous est le plus cher : l’enfant. Il faut y songer en distinguant ce qui appartient au domaine de notre propre expérience et ce qui relève de l’intérêt supérieur de la société.

La famille est certes objet de droit, et donc susceptible d’évolutions successives, comme en témoigne notre longue histoire sociale, mais elle est avant tout la cellule naturelle d’existence de l’homme. A ce titre, toute réforme la concernant doit être envisagée avec la plus grande prudence.

 

A rebours du rapport qu’il a rendu sur le sujet en 2005, le comité d’éthique s’est prononcé cette semaine en faveur de l’ouverture du recours à la PMA (procédé jusqu’alors réservé aux couples hétérosexuels souffrant d’infertilité) aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Il le fait au nom du principe d’égalité, et c’est là précisément que se situe le principal écueil du rapport.

Qu’y a-t-il de commun aux 3 situations : couple hétérosexuel, couple lesbien, femme seule ? Le désir d’enfant, qui est au fond parfaitement compréhensible. Mais qu’est-ce qui les distingue fondamentalement ? Le couple hétérosexuel ne réclame pas « le droit à » un enfant, mais uniquement l’aide de la médecine pour corriger une pathologie qui le prive de créer une famille. Mais ouvrir la PMA à des couples lesbiens et à des femmes seules change radicalement la nature de l’acte pratiqué. La médecine n’intervient plus pour guérir mais pour assouvir un désir individuel. Elle n’est plus un moyen palliatif au sens strict, mais une voie totalement inédite, du moins en droit, pour constituer une famille. Est-ce là son rôle ?

 

Par ailleurs, autre écueil fondamental, l’ouverture de la PMA vient bouleverser la filiation. Le père n’est plus. Bien sûr, la loi prévoit déjà des dispositifs dans lesquels le père n’est pas forcément le géniteur (adoption, abandon, etc.), mais il n’est pas pour autant absent de la filiation. Ici il en est purement et simplement exclu. Un tel bouleversement introduit une discrimination à mes yeux intolérable. Il y aurait d’un côté l’enfant avec père et de l’autre l’enfant sans père. Est-ce vraiment ce que nous voulons faire de la famille ?

 

Le débat qui ne fait que commencer est fondamental. Il oppose deux visions : les tenants d’une « PMA sociétale » qui défendent une « éthique de l’autonomie » – autrement dit, la conquête permanente de nouveaux droits individuels –, et ceux qui, au contraire, s’astreignent au respect d’une « éthique de la vulnérabilité », où la priorité va à la protection des plus fragiles. Je me situe résolument du côté de l’intérêt fondamental des enfants.

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