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Prenons la réforme du travail : le Premier ministre affiche des objectifs généraux (simplifier le dialogue social, sécuriser les parcours professionnels, etc.), en s’appuyant sur une méthode de travail assez consensuelle. En gros : « vous ne couperez pas aux ordonnances (que plébiscite le patronat), mais la négociation durera le temps nécessaire » (une quarantaine d’entretiens programmés avec les organisations syndicales). L’équilibre est maintenu, mais le gouvernement n’a pas encore enfourché le cheval des réformes.

On sent d’ailleurs le Premier ministre moins à l’aise (cf. entretien ce jour au Parisien) quand il s’agit d’évoquer les sujets qui fâchent, comme le plafonnement des indemnités prudhommales, la dégressivité des allocations chômage, ou l’alignement des régimes de retraite. Il reste flou ou renvoie les décisions difficiles à plus tard. Pour faire un sans-faute, le mieux est encore d’en dire le moins possible ou alors de s’en tenir à des banalités. Mais bien communiquer n’est pas réformer.

Le Premier ministre s’exprime avec le petit doigt sur la couture du pantalon. Il ne faut surtout pas dire le mot de trop avant les législatives. Tout est cadenassé, verrouillé et pétris de bonnes intentions. Et cela vaut pour l’ensemble de l’action gouvernementale. Hormis sur la moralisation de la vie publique, qui fait largement consensus, tout est vague : Notre-Dame-des-Landes : une médiation de 6 mois / le tiers payant : des études à venir / les retraites : on verra le 1er janvier 2018 / le prélèvement à la source : on renvoie au 1er janvier 2019 / la suppression de la taxe d’habitation : on ne sait pas comment l’Etat compense le manque à gagner pour les collectivités / la hausse de la CSG : indolore pour 40% des retraités (et les 60% restant ?) et compensée pour les fonctionnaires et les indépendants (très bien, mais comment ?).

Actuellement, l’effet d’annonce fonctionne à plein régime, mais qu’en sera-t-il quand nous entrerons dans le dur ? Une preuve supplémentaire de la nécessité de porter à l’Assemblée des élus qui défendent résolument les réformes indispensables au redressement du pays. C’est la démarche positive dans laquelle je m’inscris.

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