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Nombre d’habitants me saisissent pour partager leur inquiétude au sujet de la pollution. Beaucoup d’entre eux, et notamment les parents de jeunes enfants, s’interrogent à juste titre : cela vaut-il la peine de vivre dans une ville où la pollution dépasse les seuils recommandés un jour sur trois ?

Paris perd des habitants et, parmi beaucoup d’autres motifs bien connus (coût de la vie, promiscuité, manque de places de crèche, etc.), la pollution figure en bonne place dans les raisons qu’invoquent ceux qui partent ou envisagent de le faire.

Depuis une quinzaine d’années, les risques encourus sont mieux connus et les particules PM10 et PM2,5, l’ozone, l’oxyde d’azote et le benzène, très présents dans l’air que l’on respire ces jours-ci, ont été déclarés facteurs cancérigènes avérés par l’OMS. La pollution atmosphérique est responsable de la mort prématurée de 42 000 personnes par an ; deuxième cause de mortalité après le tabac.

Face à cela les pouvoirs publics semblent démunis.

A l’échelle locale, la mairie de Paris a engagé une politique très agressive qui s’est traduite par une diminution du nombre de voitures en ville et… par l’augmentation de la pollution. Que l’on me comprenne bien : la réduction de la place de la voiture à Paris est une nécessité, mais faut-il pour cela organiser, à la manière d’Anne Hidalgo, la thrombose de la capitale ? Les embouteillages monstres que nous connaissons dans le cœur de la ville sont en partie responsables des pics de pollution que nous subissons. Ils résultent de la brutalité, de la précipitation, et de l’absence de concertation avec lesquelles la mairie de Paris a imposé l’interdiction de la circulation sur une partie de la rive droite de la Seine.

De la même façon, les politiques conduites actuellement : vignettes Crit’air, gratuité du stationnement résidentiel et des transports en commun, etc., ne sont que des réponses très ponctuelles et partielles à des phénomènes qui reviennent toujours plus fréquemment. On fait le choix de subir au-lieu d’anticiper.

Sans véritable stratégie à l’échelle nationale et même européenne, il n’y a aucune chance que les choses s’améliorent à moyen terme. Il faut pour cela admettre un principe simple : notre modèle de développement basé sur les énergies fossiles est à bout de souffle ; sur le plan des ressources comme sur les conséquences induites en termes de santé publique. Au-lieu d’envisager cette réalité comme un désastre, considérons-la comme une formidable opportunité d’inventer l’avenir. La France dispose, par la diversité exceptionnelle de son patrimoine naturel, et notamment maritime, par ses infrastructures (parc éolien, centrales nucléaires), par la qualification de ses ingénieurs et chercheurs, des atouts pour réussir la transition écologique. Jamais défi plus utile pour l’environnement ne s’est présenté aux hommes !

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