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La circulation alternée est-elle réellement efficace ? La reconduction de la mesure aujourd’hui et demain tend plutôt à démontrer le contraire. La mise en œuvre du dispositif, hier, n’a pas permis d’améliorer significativement la qualité de l’air. Et si l’on se rapporte aux résultats de l’expérience conduite en mars 2014, on note que la concentration de particules fines PM10 n’avait reculé que de 6%. C’est mieux que rien, certes, mais trop insuffisant pour contenir un épisode persistant tel que celui que nous connaissons. D’ailleurs la préfecture ne semble guère se faire d’illusion : sans vent ni pluie, les chances sont maigres de voir le nuage de pollution se dissiper. La circulation alternée pose, en réalité, beaucoup plus de difficultés, en pénalisant lourdement les entreprises, notamment, qu’elle ne parvient à en régler sur le fond.

Que faire alors ? La priorité des priorités est de renforcer l’offre de transports, non seulement en volume mais également en qualité. Beaucoup de banlieusards se détournent des transports en commun parce qu’ils ne supportent plus de subir au quotidien, comme les usagers du RER B ce matin, les défaillances chroniques, l’inconfort et l’insécurité qui règnent sur de nombreuses lignes du réseau. La région Île-de-France a engagé un travail considérable pour que les choses s’améliorent, mais le retard accumulé au fil du temps ne se rattrape pas en un jour.

Plus simplement, il faut également développer le covoiturage par l’intermédiaire, notamment, des technologies numériques. Il faut ancrer dans les mentalités ces nouveaux usages « gagnant/gagnant » bénéfiques aux utilisateurs et à la qualité de l’air.

Il faut, enfin, et c’est sans doute là l’essentiel, engager une véritable révolution industrielle afin de rattraper notre retard en matière de véhicules électriques et hybrides. L’immense scandale Volkswagen n’a semble-t-il pas suffi à bannir les pratiques irresponsables de certains constructeurs, y compris français. Peugeot et Renault, dont l’Etat est, rappelons-le, actionnaire, viennent de se faire épingler pour dépassement (allant jusqu’à 17 fois pour un modèle Renault) des normes d’émission autorisée sur des véhicules neufs. L’Etat a les moyens de faire pression sur les constructeurs – par le biais de la prime à la casse et la fiscalité sur le diesel,  notamment – pour qu’ils engagent leur mutation.

Ne nous leurrons : si la réduction de la pollution atmosphérique due à la circulation est un objectif louable, l’usage de la voiture demeure pour nombre de Franciliens une obligation absolue. Et puisqu’on ne va pas changer de force la vie des gens, changeons au moins leurs voitures !

La France aurait tout à gagner à se porter à la pointe de cette révolution industrielle.

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