Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

Le mouvement est spontané. Il part de la base et s’affranchit des consignes syndicales. Un 1er rassemblement à Evry, un autre devant l’hôpital Saint-Louis où séjournent leurs collèges grièvement brûlés dans l’Essonne, un autre sur les Champs-Elysées et à proximité de la place Beauvau. A chaque fois la même spontanéité, à chaque fois le même ras-le-bol. Le malaise dans la police est profond. Il suffit d’écouter les revendications qui s’expriment dans les rassemblements. Il n’est pas seulement question de moyens et d’effectifs supplémentaires, mais d’un sentiment d’abandon et de déconsidération. Un malaise que le directeur général de la police ne risque pas de dissiper en menaçant de révocation les policiers « insoumis ». Un malaise qui tourne à la colère quand le ministre de l’Intérieur qualifie de simples « sauvageons » les criminels qui ont tenté de brûler vif des policiers à Viry-Châtillon. Les faits ont un sens et les mots sont là pour rendre compte de leur gravité. Ce qui s’est produit le 8 octobre ne relève pas d’une banale rixe, mais bien d’une lâche tentative d’assassinat contre des policiers ; et partant d’une atteinte gravissime contre l’autorité de l’Etat.

Jamais nous n’avons eu autant besoin de nos policiers dans le contexte qui est le nôtre. Mais jamais le lien entre la police et le gouvernement n’a semblé aussi fragile qu’actuellement. Les policiers n’en peuvent plus d’être baladés entre les proclamations de soutien de l’exécutif et la réalité d’une politique pénale qui a érigé l’impunité en règle absolue. Cette ambiguïté affecte profondément le travail des policiers sur le terrain. Peuvent-ils encore avoir confiance dans ce gouvernement ? Ils en doutent. Et il est permis d’en douter avec eux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *