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Jean-Marie Le Guen s’en défend : la position qu’il a exprimée en faveur de la légalisation du cannabis n’est pas celle du gouvernement. Il n’empêche. On est tenté de voir derrière cette déclaration faussement inopinée un clin d’œil adressé aux jeunes, qui sont les plus gros consommateurs en Europe. Ce ne serait pas la 1ère fois que la gauche nous ferait le coup.

Les arguments employés sont d’ailleurs toujours les mêmes : la lutte contre les réseaux mafieux, la ghettoïsation des quartiers sous l’emprise des dealers, le financement du terrorisme, etc. Tolérer un moindre mal pour en détruire un autre supposé plus grand : aucune société ne peut fonctionner sur ce modèle. Cela reviendrait ni plus ni moins à sacrifier la santé physique et psychique des consommateurs. Car, avant d’être sociale, sécuritaire ou financière, la question du cannabis est d’abord et avant tout sanitaire. Et sur ce point, toutes les recherches le confirment : ses effets sur la santé sont dévastateurs (perte de mémoire, troubles psychomoteurs, développement de comportements agressifs, liens avérés avec la schizophrénie, etc.). Et suffisent à eux seuls à justifier sa prohibition.

D’autres avancent un argument également bien connu : lever l’interdit rendrait le cannabis moins attirant car moins transgressif aux yeux des jeunes. Alors levons-les tous ! Que l’interdit, quel qu’il soit, suscite chez certains le désir de transgression est évident. Légalisons le cannabis, et ceux-là se tourneront immédiatement vers la cocaïne ou le crack. Quel gouvernement voudrait engager cette dangereuse fuite en avant ?

Le vrai problème réside finalement dans le caractère inopérant de l’arsenal répressif. Les textes qui criminalisent systématiquement la consommation de cannabis ne sont pas appliqués. Et pour cause : il faudrait doubler le nombre de prisons en France ! L’interdit est donc perçu, et notamment par les plus jeunes, comme une fiction dépouillée de toute dimension dissuasive. Il faut donc revoir l’échelle des peines (en recourant massivement aux contraventions et aux travaux d’intérêt général) et assortir la sanction d’une sensibilisation plus poussée aux risques du cannabis.

Voilà à quoi devrait se consacrer le gouvernement, plutôt que de susciter de faux espoirs chez certains.

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