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Anne Hidalgo a choisi en catastrophe de modifier le statut spécifique de Paris – et alors même que le projet ne figurait pas dans son programme électoral. Une déclaration à la presse et un groupe de travail organisé à la va-vite ont débouché sur des propositions bancales et souvent éloignées des préoccupations des Parisiens.

 

On retient surtout la volonté de la maire de Paris de redessiner la carte des arrondissements. Un redécoupage que la mairie de Paris justifie par des critères démographiques. Mais l’argument fait long feu puisque la question a déjà été réglée par le conseil constitutionnel. La représentation politique à Paris est, depuis 2014, en conformité avec la loi électorale. Dès lors comment ne pas suspecter une motivation électoraliste ? D’autant que le nouvel ensemble (faudra-t-il parler d’arrondissement ou de secteur ?), qui regroupera les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, est très favorable à la gauche.

Pour le reste, Anne Hidalgo entend mettre un terme à une exception qui veut qu’à Paris, certaines prérogatives d’ordinaire dévolues au maire soient placées partiellement ou intégralement sous l’autorité de l’Etat. C’est le cas en matière de circulation, de lutte contre l’habitat insalubre, d’ouverture des commerces 12 dimanches par an, ou encore de délivrance des cartes d’identité et des passeports. Ce rééquilibrage résulte en partie des difficultés qu’a eues la maire de Paris à imposer ses choix au gouvernement, notamment sur la question de la lutte contre la pollution. Il consacre aussi la lente évolution de l’Etat qui tend petit-à-petit à se retirer des affaires de Paris.

 

Mais la principale faiblesse du projet tient au mépris qu’il exprime à l’égard d’un acteur-clé de la vie politique parisienne : le maire d’arrondissement. Quelques maigres concessions lui sont accordées en matière de propreté et de lutte contre les incivilités ; mais rien qui ne lui permette de prendre vraiment en main les politiques de proximité (comme la création d’équipements de petite enfance, par exemple). Le maire d’arrondissement, qui est pourtant élu au suffrage universel, demeure plus que jamais sous la férule de la mairie de Paris. Il est pourtant considéré par les Parisiens comme le mieux à même de régler leurs difficultés quotidiennes. Mais Anne Hidalgo n’a, malheureusement, pas l’intention de lui concéder une once d’autonomie supplémentaire.

Qu’il s’agisse du redécoupage électoral ou des prérogatives municipales, on s’interroge : à quel moment l’intérêt des Parisiens est-il pris en compte ?

 

Brigitte Kuster s’est souvent exprimée sur la question centrale du rôle des maires d’arrondissement. Ce fut même l’objet de son essai : « Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte »

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