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L’école de la République n’assume plus sa vocation qui est d’offrir à chacun, quelles que soient ses origines, le même niveau d’exigence. Un glissement s’est opéré. Le modèle de l’égalité des chances a été remplacé par celui de la réussite pour tous.

L’excellence comme horizon a cédé le pas au nivellement par le bas. L’école n’est plus « le lieu de l’humilité où l’élève s’incline face au savoir », comme l’écrit l’académicien Alain Finkielkraut, mais celui où tout doit être immédiatement accessible. Tout ce qu’il ne peut atteindre aisément est banni des manuels. Tout ce qui fait obstacle à l’égalité entre les élèves – méritants ou non – est jugé discriminatoire. Idem pour les contenus qui doivent taire la grandeur de notre culture pour ne pas offenser toutes les autres.

L’école n’est plus le lieu où l’on se distingue, mais où l’on se confond. Les disciplines et le travail individuel s’effacent devant l’interdisciplinarité et les travaux collectifs. La langue elle-même doit retrancher ses subtilités. Tout ce qui ne relève pas de l’évidence, et qui doit donc être appris et retenu, doit disparaître.

C’est donc la fin du trait d’union, de l’accent circonflexe sur les lettres i et u, du 2nd « l » d’imbécillité, du « i » d’oignon, du « s » de relais, etc. Les mots doivent avant tout être fonctionnels et ne plus occasionner de difficultés inutiles aux élèves. Le règne de la facilité poursuit son œuvre malfaisante.

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