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L’actuel locataire de l’Elysée tente de forcer la comparaison avec son illustre prédécesseur. Il espère ainsi glaner un peu de ce prestige dont François Mitterrand se trouve auréolé 20 ans après sa mort. Un prestige posthume qui étonnerait l’ancien président lui-même tant ses dernières années à l’Elysée furent un long calvaire. D’ailleurs, à l’été 1995, les Français n’étaient dans l’ensemble pas mécontents de voir François Mitterrand quitter le pouvoir.

 

Au fond, que reste-t-il de ces années-là ? Peu de chose en réalité ; hormis bien sûr l’abolition de la peine de mort qu’il a su imposer. Pour le reste, François Mitterrand n’a pas développé les qualités d’homme d’Etat dont ses prédécesseurs étaient pourvus. Notamment au regard de l’histoire qu’il n’a pas su interpréter correctement (la chute de l’URSS, la réunification allemande, la construction européenne, etc.).

Le grand œuvre de Mitterrand, c’est finalement d’avoir permis à la gauche d’accéder au pouvoir suprême. Et d’avoir su le conserver coûte que coûte. Au prix parfois d’un cynisme tactique qui n’est pas sans rappeler celui dont use François Hollande. La façon dont François Mitterrand tira parti d’un FN alors embryonnaire pour affaiblir la droite en est un exemple parfait.

 

François Hollande tente aujourd’hui de capter son héritage. De gagner un peu de cette légitimité qui lui fait défaut. Mais l’actif mitterrandien : une immense culture classique et un attachement finalement viscéral aux institutions de la 5e République, est hors de sa portée. Le passif : un opportunisme politique débridé et une vision de l’économie qui a conduit la France au déclin, est sans doute plus conforme à la pratique du pouvoir de François Hollande.

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