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Anne Hidalgo veut réformer le statut de Paris. Son objectif est de desserrer l’étau qu’exerce l’État sur la capitale. L’État y joue effectivement un rôle plus important que dans n’importe quelle autre collectivité. Ce qui se conçoit s’agissant de la capitale politique, administrative et économique du pays. Mais, à l’heure de la métropole du Grand Paris, les nécessités d’une gestion moderne imposent d’alléger cette tutelle à maints égards trop lourde. Est-il normal, par exemple, que le préfet de police soit compétent pour autoriser des événements à dimension locale sur l’espace public parisien ? Evidemment que non. Un toilettage des textes, et singulièrement de la loi Paris/Lyon/Marseille, s’impose donc.

Sur le fond, Anne Hidalgo a raison d’engager le mouvement en faveur d’une plus grande décentralisation. L’opportunité d’une réforme n’est donc pas en cause ici. Ce qui est en cause, c’est la façon d’amener le débat –qu’elle a systématiquement refusé lors de la campagne municipale – et les priorités qu’elle lui a assignées.

Outre la fusion de la commune et du département qui ne pose pas de difficultés, la maire de Paris entend redéfinir la carte des arrondissements. Hors de question de toucher les contours actuels, l’objectif serait plutôt de rassembler les arrondissements les moins peuplés. Elle évoque le cas des 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements qui pourraient à terme n’en faire plus qu’un. Elle fait de cette question le préalable à sa réforme. Est-ce vraiment un sujet de préoccupation pour les Parisiens ? Qui se plaint aujourd’hui de la taille de son arrondissement ? Personne. A l’inverse, les critiques pleuvent dès qu’il s’agit de la saleté de nos rues, de l’insécurité qui règne dans certains quartiers, du manque de places en crèche, de l’état dégradé de nombre d’équipements, etc. Des sujets dont elle refuse obstinément de confier la gestion aux maires d’arrondissements. Ne sont-ils pas pourtant les mieux placés pour agir efficacement sur ces politiques de proximité ?

Anne Hidalgo invoque l’unité du statut de Paris pour refuser toute évolution. Confier davantage de pouvoirs aux maires d’arrondissement, ce serait risquer l’éclatement de Paris en entités autonomes. Faux argument. Personne ne veut toucher à l’unité de la capitale, mais personne ne veut non plus persister dans un système en faillite. Le mouvement décentralisateur qu’Anne Hidalgo revendique à ses propres fins doit s’accompagner d’une profonde déconcentration au profit des mairies d’arrondissement. Un maire de Paris plus puissant face à l’Etat, et des maires d’arrondissements aux prérogatives renforcées en matière de politiques de proximité ; voilà ce que devrait être l’axe d’une réforme vraiment utile aux Parisiens.

Une réponse à Réforme du statut de Paris : une bonne question et de mauvaises réponses

  • Oui. Bien.
    Il faut revoir cette loi PLM. Il est anormal que le maire de Paris ne soit pas élu directement par les parisiens.
    Il convient de donner aux mairies d’arrondissement toutes les prérogatives de toute ville: la Sécurité ( circulation dangereuse des vélos, scooters et motos sur les trottoirs ; mendicité et installation de pauvres professionnels aux coins des rues) . La Propreté de la ville n’est pas assurée, ce ne sont que détritus, papiers, ordures abandonnées sur la voirie, et mégots partout. Une honte pour nous et l’image désastreuse donnée aux visiteurs et touristes ( je reviens d’un WE à Londres où tout est propre, les rues et les trottoirs, le métro: quel plaisir de se promener dans cette grande ville).
    Faire appel à des sociétés privées pour des travaux qui ne relèvent pas des missions régaliennes de l’état, comme l’enlèvement des ordures et le nettoyage des rues. Reprendre la gestion des établissements publics locaux que seule une mairie d’arrondissement peut apprécier et appliquer une action en relation avec ses administrés directement concernés.
    Protéger le commerce local qui participe à l’animation de nos quartiers en interdisant l’installation de vendeurs irréguliers sur les trottoirs ( tels ces vendeurs de F et L à la sortie des stations de métro !).

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