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Anne Hidalgo souhaite modifier les règles du jeu institutionnel à Paris. Elle présente au conseil de Paris qui se tient actuellement un vœu en ce sens. Les évolutions annoncées ne vont très clairement pas dans la bonne direction.

Je  présente au conseil de Paris qui se tient actuellement un vœu en ce sens. Les évolutions annoncées ne vont très clairement pas dans le bon sens. Avec les élus du groupe Les Républicains, nous avons collectivement dénoncé ce projet contraire aux intérêts des Parisiens.

Voici ma réaction :

Le texte qu’Anne Hidalgo a présenté au président de la République et au Premier ministre (téléchargez-le ICI) est à l’image de la façon dont elle l’a rendu public : truffé d’arrière-pensées.

 

Derrière le débat sur les compétences de Paris, qu’elle nous a refusé pendant la campagne et dont elle reprend à son compte certaines de nos propositions (en matière de police municipale, notamment), se cache autre chose.

Autre chose que l’on devine à travers les silences de la maire de Paris. Elle ne dit rien ou presque sur la métropole du Grand Paris et les mairies d’arrondissement. Voilà pourtant les institutions-clé sur lesquelles s’appuyer pour bâtir une gouvernance moderne et efficace de Paris. Ça n’est manifestement pas sa préoccupation.

Anne Hidalgo a compris en réalité que, pris en étau entre la métropole et les mairies d’arrondissement, son mandat risquait de se vider de sa substance.

La métropole va absorber ses compétences structurantes, en matière d’habitat, d’urbanisme, de lutte contre la pollution, etc.

Quant à nous autres, maires d’arrondissement, nous réclamons à raison de véritables compétences de proximité. Des compétences qu’elle nous refuse avec obstination, mais qui n’empêche pas les Parisiens de nous considérer comme leurs élus de proximité par excellence.

Et comment expliquer qu’alors que nous sommes élus au suffrage universel direct – ce qui n’est pas le cas d’Anne Hidalgo -, nous soyons traités comme les supplétifs des politiques de proximité qu’elle conduit ?

Des politiques dont nous sommes parfois tenus pour responsables alors que nous les contestons.

Est-ce cela la modernité démocratique qu’elle appelle de ses vœux ? Je considère pour ma part qu’il s’agit d’une anomalie démocratique qui ne favorise pas l’intérêt des Parisiens pour la gestion de leur ville.

Anne Hidalgo dispose d’une occasion historique d’ouvrir un débat constructif sur la gouvernance de Paris. Au-lieu de se prémunir contre les évolutions à venir, elle ferait mieux de les précéder. Avec un seul objectif en tête : l’intérêt des Parisiens.

L’évidence commande que la mutualisation des grands enjeux de la métropole s’accompagne d’une plus forte déconcentration des pouvoirs de proximité. Il est tout aussi naturel d’envisager la question du logement à l’échelle de la métropole que le sujet de la propreté à celle de l’arrondissement. Un parallélisme qui vaut pour bien d’autres matières : la lutte contre la pollution de l’air, l’aménagement du territoire, le développement économique, etc. relèvent par essence de la métropole. L’opportunité de bâtir de nouvelles crèches, ou encore la sécurité de proximité relèvent par nature des mairies d’arrondissement.

Mutualisation d’un côté et déconcentration de l’autre, voilà les deux jambes d’une gouvernance qui permettrait à Paris d’avancer vers davantage d’efficacité. Anne Hidalgo lui préfère une approche exclusivement centrée sur ses prérogatives. Elle s’expose donc à une défaite sur tous les tableaux. La métropole se fera avec ou sans elle, et le mécontentement des Parisiens à l’encontre des politiques de proximité ira grandissant.

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