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« Un choc, un séisme, une catastrophe ». Le champ lexical employé pour qualifier le succès du FN aux européennes traduit l’immense désarroi dans lequel se trouve notre pays. Un désarroi et une forme d’abattement. L’Union européenne essuie en France son revers le plus sévère depuis le rejet du traité constitutionnel en 2005. Un euroscepticisme désormais majoritaire qui prospère sur fond d’abstention massive (et en constante hausse depuis la première élection en 1979).

Il faut se rendre à l’évidence : la France n’est plus digne de son statut de membre-fondateur et de 2ème puissance économique de la zone euro.

Le succès du FN résulte d’une faillite collective. La responsabilité est certes graduée, mais elle est collective. Le 1er responsable est bien sûr François Hollande dont le désaveu est maintenant consommé jusqu’à la lie. On se souvient qu’en 2009, dans un contexte difficile, l’UMP au pouvoir avait largement remporté les européennes. Nicolas Sarkozy exerçait à l’époque un leadership très fort en Europe. Les Français voyaient leur Président se battre pour défendre les intérêts de la France en Europe et ceux de l’Europe dans le monde. Le FN plafonnait alors à 6%…

La 2ème responsabilité est celle de la classe politique. Nos dirigeants ont trop tendance, par facilité et aussi par manque de courage politique, à rendre l’Europe responsable de tout ce qui ne marche pas chez nous. Mais le problème de la France n’est pas la règle des « 3% de déficit », c’est sa dette abyssale de 2000 milliards d’euros qui pèse sur les générations futures. Faire croire qu’on guérit un malade en cassant le thermomètre est malhonnête.

La 3ème responsabilité est médiatique. Nos grands médias n’ont clairement pas joué le jeu. Les principales chaînes (y compris celles du service public !) ont refusé de diffuser le débat entre les prétendants à la présidence de la commission, qui finalement se trouva relégué sur LCP. On ne compte plus, par contre, les heures d’antenne gaspillées sur la question de savoir si Marine Le Pen réussirait à faire du FN le 1er parti de France. La réponse est cinglante.

Tout ceci a fini par dénaturer le discours pro-européen. On a voulu à tort que l’Europe suscite les mêmes sentiments que l’Etat-Nation, sans comprendre que sa nature et son objet sont très différents. L’identité et l’histoire sont l’apanage des Nations. L’Europe n’aspire pas à se substituer aux identités locales. Elle n’y parviendrait d’ailleurs sans doute pas. Même la paix qui est le legs le plus précieux qu’elle nous ait transmis ne suffit pas à la sauver. L’Europe est un projet d’intégration et d’amitié des peuples. Elle est issue d’une volonté d’union afin d’affronter des concurrents qui ont en commun d’être des Etats-continents. Ni plus ni moins. Encore eût-il fallu qu’on en parle…

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