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Travailler ou non le dimanche ? La question agite une nouvelle fois le microcosme après les récentes déclarations de Laurent Fabius en faveur de l’ouverture des magasins le dimanche dans « les zones très touristiques ». Un pavé dans la marre du gouvernement qui, sur ce sujet comme sur d’autres, se montre très divisé. Pourtant, le débat ne date pas d’hier. Il s’agit même d’un véritable marronnier dans la vie politique française. Au seuil des Lumières déjà, Voltaire et Montesquieu dénonçaient, au nom de l’économie mais aussi de la morale, cette journée improductive et oisive. Le sujet tourne depuis en rond, et revient aussi sûrement que les saisons hanter nos débats, dont la spécificité est de demeurer à jamais ouverte.

Le 1er jour de la semaine, selon la tradition judéo-chrétienne, est un terrain miné où s’affrontent les positions les plus irréconciliables. Des positions qui s’affranchissent d’ailleurs des clivages politiques traditionnels (on trouvera au sein d’un même parti de très fervents partisans du travail le dimanche et des opposants tout aussi résolus). Les uns dénonçant la tentation d’une « société de consommation à outrance ». Les autres conspuant « un conservatisme » attentatoire à la liberté de commerce. Point de mesure, ni même de demi-mesure dans ce choc des contraires. Il faudrait donc trancher dans le vif et choisir entre deux caricatures : ou privilégier le consommateur-roi, ou protéger le droit inaliénable au repos dominical de chaque salarié (à l’exclusion notable de celui des 6,5 millions qui travaillent déjà le dimanche !). Je ne peux me résoudre à un tel simulacre de débat qui mérite, avant tout, un peu de bon sens.

Je ne suis pas une défenseure acharnée de l’ouverture des magasins le dimanche. Je crois même à l’importance fondamentale d’un jour chômé commun, à une respiration collective qui permet de se consacrer à sa famille et de s’adonner à ses loisirs favoris. Un temps sanctuarisé où la consommation n’interfère pas. Je ne suis donc absolument pas favorable à une remise en cause globale de la fermeture des magasins le dimanche. D’ailleurs, dans la plupart des villes de France, une telle décision constituerait un contresens économique.

Mais, à l’inverse, je reconnais qu’il est parfaitement absurde de fermer les magasins le dimanche dans des zones extrêmement touristiques. Paris accueille chaque année 20 millions de touristes étrangers qui partent le samedi soir faire la fortune des commerçants londoniens. Le manque à gagner pour les enseignes est abyssal. Sans parler de la perte nette d’emplois que cela engendre (de l’ordre de 20 000 équivalents temps plein en France, selon l’Union du Grand Commerce de Centre-Ville) dans un pays aux 5,5 millions de chômeurs.

Certes, la loi Maillé de 2009 a tenté d’apporter une réponse en instaurant un régime dérogatoire. En ce qui concerne Paris, 650 magasins non alimentaires répartis dans 7 zones d’intérêt touristique (rue de Rivoli, place des Vosges et rue des Francs-Bourgeois, rue d’Arcole et Île de la Cité, boulevard Saint-Germain, Champs Elysées, viaduc des Arts, Butte Montmartre) peuvent ouvrir le dimanche. Une 1ère réponse nécessaire mais encore insuffisante. La dérogation s’applique de façon trop rigide et restrictive, au point de créer des injustices au sein d’un même quartier. Il est donc temps de remettre à plat le dispositif dans son ensemble, et de veiller à ce que chacun y trouve son compte.

Il faut d’une part élargir les zones pour éviter, comme c’est le cas actuellement dans le Marais, que les règles changent d’une rue à l’autre sans raison apparente, et d’autre part en créer de nouvelles dans les espaces à très forte densité commerciale (les Grands Boulevards, le Palais des Congrès, ou encore Beaugrenelle), tout en veillant absolument à ce que le libre choix des salariés soit respecté et que les rémunérations soient doublées (sur le modèle des périmètres d’usage commercial de consommation exceptionnel), ce qui n’est actuellement pas le cas dans les zones touristiques. Il faut, en somme, instaurer un système « gagnant-gagnant ». Et le faire là et seulement là où la situation l’exige.

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