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Auteure du livre « Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte ! », Brigitte Kuster, 55 ans, est maire du 17e arrondissement de Paris depuis 2008, tête de file UMP dans le même arrondissement pour les élections municipales à Paris et engagée auprès de Nathalie Kosciusko-Morizet. Rencontre avec une femme de poigne, qui nous livre sa vision du métier.

Etre une femme à la tête d’une mairie, qu’est-ce que ça change ?
Brigitte Kuster
: Je pense que c’est sans doute le sens du détail, de la rigueur, de l’organisation. Ensuite, les femmes ont en général beaucoup d’empathie par rapport à des situations de détresse auxquelles on est quotidiennement et de plus en plus confrontées. On rencontre de grandes désespérances, souvent chez les femmes d’ailleurs (divorces, chômage, problèmes de logement, pensions alimentaires…). Ce sont des choses que l’on voit en tant que maire lors de nos permanences.

Que retenez-vous de votre mandat ?
Brigitte Kuster : Le poste dépend beaucoup de l’arrondissement dans lequel vous êtes élu. Paris, avec ses 20 arrondissements, offre autant de visages différents. Parmi mes satisfactions de maire, il y a notamment l’arrivée de la cité judiciaire et au quotidien la gestion et l’animation locale, avec la politique de solidarité que nous avons menée en direction des plus démunis ou encore en direction des personnes âgées. En matière culturelle, nous avons créé un outil, le « Pass 17 », une carte gratuite avec des offres culturelles avantageuses.
Dans mon livre, j’explique que l’on se transforme au cours de la journée. Chaque jour est différent, vous rencontrez des gens de toutes les catégories sociales, c’est ce qui est passionnant.

Le domaine de la culture vous tient-il particulièrement à cœur ?
Brigitte Kuster : Ah oui ! D’ailleurs, des travaux ont été faits au sein de cette mairie, nous avons notamment créé un espace d’exposition où l’on accueille des grands photographes, des peintres… Une sélection très hétéroclite. La culture, c’est très important.

Pouvez-vous me parler du titre de votre livre « Madame le ou la maire ? Appelez-moi Brigitte » ? Avez-vous dû faire face au sexisme en politique ?
Brigitte Kuster : Non pas spécialement…. Pourquoi ce titre ? Parce que c’est la question que l’on me pose le plus souvent. À cette question, je réponds toujours « Appelez-moi Brigitte » ! Déjà parce que cela crée un lien et aussi parce que c’est comme cela que je fonctionne. Cela facilite le contact, c’est un clin d’œil. Ce titre montre plusieurs choses du livre : la proximité et la manière dont je m’engage en tant qu’élue de terrain.
Cela évoque aussi la difficulté à avoir encore des femmes élues. C’est pour cela que j’ouvre le livre sur le fait que de toute façon, le prochain maire de Paris sera une femme : ce sera un électrochoc, que l’on sous-estime encore pour l’instant. Le rôle et le pouvoir du maire de Paris est plus fort que celui d’un Ministre. D’abord, il est élu au suffrage universel, ce qui lui confère une légitimité plus forte. Ensuite, ce poste lui offre la possibilité de représenter la France à l’étranger. Qu’on le veuille ou non, l’image de la Parisienne représente dans le subconscient des gens une certaine « classe » reconnue dans le monde entier. Ce qui est sûr, c’est que l’élégance sera au rendez-vous et dans la forme, le message sera différent que si c’était un homme. Dans le fond, cela changera aussi, surtout si c’est Nathalie Kosciusko-Morizet, parce que Nathalie a placé les attentes des femmes au cœur de son projet et souhaite donner à la ville plus d’énergie qu’elle n’en prend.

Pourquoi vous êtes-vous tournée vers la politique ?
Brigitte Kuster : J’ai fait un stage d’été où j’étais rédactrice pour écrire le journal du Ministère de l’Environnement . À l’issue de mon stage, le ministère a décidé de me garder et j’ai décidé de rester. J’ai continué à écrire, je suis devenue rédactrice officielle du Ministère puis chargée de mission au sein de la direction, puis j’ai grimpé les échelons.

Que pensez-vous de la parité en ce qui concerne les Municipales ?
Brigitte Kuster : Au niveau de la parité, heureusement qu’il y a la loi, car sinon nous ne l’aurions pas.

Que pensez-vous de cette bataille de femmes (entre Anne Hidalgo et NKM) qui anime les municipales ?
Brigitte Kuster : Je pense que la campagne a mal démarré, et que depuis tout le monde le paie. Elle a été assez violente entre les deux femmes, qui se sont traitées d’héritière ou de parachutée. On a donc commencé par des invectives, au lieu de commencer sur le fond, ce qui a donné une image très clivante et pas du tout porteuse. Cela m’a choquée et beaucoup gênée. Après, chacune est dans son tempérament mais ce qui compte aussi est la manière dont elles ont avancé et au bout du compte, le résultat. Pour ma part, je souhaite que l’on s’attache aux programmes et aux projets des candidates, au-delà de leurs personnalités. Je pense très sincèrement que si NKM gagne, nous aurons une ouverture, car elle a très vite pris conscience qu’il fallait unir la droite et les centres (l’UDI et le Modem) et que l’on arrive au second tour en étant unis, ce qui n’est pas le cas de la gauche.

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