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Dans 3 semaines, une femme deviendra maire de Paris pour la première fois. Que Nathalie Kosciusko-Morizet l’emporte, comme je l’espère, ou que ce soit Anne Hidalgo, nous assisterons à une petite révolution des mentalités. Car, si les Français ont en général toute confiance en la capacité des femmes à gérer la « Cité », il en va autrement de ce club très fermé qu’est la classe politique. De nombreuses femmes, bien sûr, occupent déjà des responsabilités éminentes, mais aucune n’a jamais dirigé la capitale. Ni même Marseille et Lyon, si on élargit la perspective aux 3 plus grandes villes du pays.

La France rattrapera à cette occasion une partie de son retard, et Paris viendra grossir la liste assez restreinte des femmes dirigeantes de grandes villes ou capitales: Milan, Varsovie, Madrid, Sofia, Kiev, Marrakech, Le Cap, Yokohama, Wellington, La Havane, Lima, Montévidéo, Santiago de Chili. En France, seulement 9,6% des maires (communes de plus de 3500 habitants) sont des femmes; 6 d’entre elles dirigent l’une des 42 communes de plus 100.000 habitants; elles ne président que 3 régions et 6 départements. Et ce n’est guère mieux à l’Assemblée où à peine un quart des députés sont des femmes. Face à ces chiffres peu glorieux, le même refrain tourne en boucle: « le sexe ne doit pas primer sur la compétence ». Mais c’est précisément pour cette raison que l’absence de femmes à la tête des grandes collectivités est totalement injustifiée. À moins, bien sûr, de considérer qu’une femme n’est pas « équipée » pour le pouvoir!

Ce que je revendique, ce n’est pas la discrimination positive, ni la politique des quotas, mais le droit de faire valoir nos compétences au même titre qu’un homme. Je revendique aussi et surtout, une autre manière de faire de la politique. La classe politique dirigeante est profondément et durablement discréditée. La crise économique n’est pas étrangère à ce phénomène de rejet, mais à l’évidence notre classe politique n’est pas exempte de reproches. Le spectacle des ambitions survoltées, des querelles intestines et la brutalité des rapports politiques exaspèrent les Français. Je ne qualifierai pas ces comportements de typiquement masculins, mais je note tout de même que les femmes politiques adoptent, en règle générale, une attitude nettement plus constructive. Pas d’excès d’angélisme! Les femmes savent aussi rendre les coups et même en donner, mais elles placent souvent l’objectif à atteindre et l’intérêt général au-dessus du reste.

Cette différence tient sans doute aux origines de leur engagement. Les femmes connaissent dans leur vie professionnelle des ruptures liées, principalement, à la naissance de leurs enfants et aux exigences de la vie de famille qu’elles assument encore en grande partie seules. Ce n’est pas parce que ce sont des femmes, mais parce qu’elles sont très largement chargées de la sphère privée: la maison et les enfants; alors que les hommes sont très largement chargés de la sphère publique. Ce n’est pas une question de sexe, mais une question de position dans la société. Par ailleurs, souvent elles ne s’engagent pas en politique pour bâtir une carrière au long cours, mais pour défendre une cause ou un territoire qui leur est cher. J’observe d’ailleurs que, lors de la composition des listes municipales, les femmes se présentent le plus souvent au titre d’un engagement précis, qu’il soit d’ordre professionnel ou associatif. Elles s’engagent moins pour « faire de la politique » que pour apporter un savoir-faire et une expertise. Toutes les enquêtes montrent que le fossé entre les élites et les électeurs ne cessent de se creuser. Or les hommes sont perçus comme plus politiques, voire plus politiciens. Pour les futures conseillères municipales, être une femme est donc plutôt un atout.

L’élection d’une femme à la mairie de Paris sera un électrochoc. Aucun mandat local n’est plus prestigieux que celui de maire de Paris. Il occupe une surface politique et médiatique qu’aucun autre maire ne peut revendiquer. Son prestige surpasse même celui d’un grand ministre qui n’a, quant à lui, pas été élu. Diriger la plus grande collectivité de France, celle qui assure à elle seule le rayonnement de tout un pays, est une responsabilité considérable et un privilège rare. Celle qui gagnera permettra à la cause des femmes en politique de faire un pas de géant.

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