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Le traitement que le gouvernement réserve aux opposants au mariage pour tous est choquant. De l’usage de gaz lacrymogènes lors du dernier rassemblement jusqu’au calendrier législatif précipité, le gouvernement s’emploie par tous les moyens à affaiblir ce mouvement sans précédent.

A défaut d’avoir gagné la bataille des idées, le pouvoir joue à plein « le pourrissement » du mouvement. Le calcul est simple : provoquer le durcissement de la mobilisation par le refus du dialogue et  les humiliations (dont la grossière sous-estimation des participants à la manifestation du 24 mars  n’est qu’un exemple parmi d’autres) afin que d’éventuels débordements viennent la discréditer. La gauche tente d’ailleurs de faire l’amalgame entre l’homophobie abjecte de certains groupuscules extrémistes, qu’il faut dénoncer et condamner fermement, et le combat des organisateurs de la Manif pour tous.

Mais cette stratégie inique s’est rapidement révélée inopérante. Le gouvernement a seulement réussi à étendre la contestation, d’abord exclusivement concentrée sur le projet de loi Taubira, à l’ensemble de sa politique. Des centaines de milliers de voix, d’ordinaire silencieuses, ont choisi de se faire entendre, et ne sont pas près de se taire. La mobilisation a certes adopté des formes d’expression plus variées (certaines nettement plus contestables que d’autres), mais toutes pacifiques. Elles ne sont, en définitive, qu’une réponse au mépris avec lequel le gouvernement traite les opposants au mariage pour tous.

Les socialistes en sont réduits à rappeler que l’élection de François Hollande a déjà tranché le débat (c’est en général l’argument que l’on défend quand tout le reste a échoué). Le suffrage donne certes la légitimité pour agir, et nul ne conteste au Président le droit de vouloir mettre en œuvre un engagement de campagne (on aurait tellement préféré qu’il en fasse autant pour la croissance, l’emploi ou la « République exemplaire »),  mais ne signifie pas la victoire idéologique absolue et définitive d’un camp contre l’autre. Ce n’est pas le message du 6 Mai 2012, et ce n’est en aucun cas le sens de nos institutions.

François Hollande doit maintenant se rendre à l’évidence. Le débat parlementaire est bâclé (vote à main levée au Sénat, calendrier accéléré à l’Assemblée, recours prévu aux ordonnances…), depuis des mois la mobilisation contre le texte ne cesse de s’amplifier, et la « 3e majorité », celle du peuple qu’il a si souvent invoquée, n’existe plus (55% des Français sont contre la loi Taubira, Bva – 12/04). Deux alternatives se présentent à lui : soit abandonner la réforme, soit la soumettre à référendum.

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Une réponse à Mariage pour tous : l’impossible débat

  • Soit le gvt veut le « pourrissement », soit il « accélère le calendrier législatif », je pense que vous êtes à même de reconnaître que ces deux expressions ne sont pas compatibles ?
    Il est savoureux d’entendre la Droite revendiquer le pouvoir de la rue. La différence en la matière est que la Gauche se bat dans la rue pour l’obtention de droits, légitimes ou non. La Droite a choisi aujourd’hui de défendre des manifestations contre de nouveaux droits pour une minorité. Un Mai 68 qui demanderait moins de libertés, en somme.

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