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Cécile Duflot poursuit sur sa lancée. Déjà obstinément opposée au Grand Paris lorsqu’elle était présidente du groupe écologiste à la région Île de France, elle continue de s’acharner contre le projet de Nicolas Sarkozy qui est pourtant soutenu par l’ensemble des acteurs régionaux. Sauf que Cécile Duflot n’est plus simple conseillère régionale mais ministre à l’Egalité des territoires en charge du Grand Paris. Ça fait toute la différence.

La ministre a commandé un audit à Pascal Auzannet, ancien dirigeant à la Ratp, afin qu’il estime le coût réel du futur réseau de métro automatique qui doit garantir une desserte à la fois plus performante mais aussi équitable des territoires franciliens. Sans entrer inutilement dans le détail, il en ressort que le Grand Paris doit faire l’objet de phasages conséquents si l’Etat veut respecter l’enveloppe financière fixée par l’accord qui est intervenu avec la région il y a deux ans (20,5 milliards d’euros). En clair, repousser la réalisation du Grand Paris Express, ou le détricoter, notamment au nord et à l’est du réseau, sous peine de payer beaucoup plus cher.

Cécile Duflot, comme à son habitude, ne dit rien des intentions du gouvernement, mais il est tout de même permis de s’inquiéter devant les remises en cause du projet qui, mises bout à bout, font craindre pour l’avenir du Grand Paris.

Nul n’a jamais dit que piloter un chantier d’une telle ampleur (il s’agit tout de même, à l’horizon de 2025, de bâtir le réseau de transport le plus important jamais réalisé à l’échelle d’une métropole) était une tâche aisée. Les surcoûts éventuels et les problèmes de gouvernance sont légion dans ce type de réalisation, mais la volonté politique doit être plus forte que les difficultés. Le gouvernement actuel ne doit jamais oublier que le Grand Paris est le fruit d’une synthèse historique. Ils ne sont pas si nombreux les accords entre la gauche et la droite pour bien vouloir admettre que le Grand Paris est d’intérêt général et qu’il impactera la vie quotidienne de près d’un Français sur 6.

Le Grand Paris Express a certes un coût considérable, mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’un investissement. On peut bien sûr choisir de ne regarder dans le bilan comptable que la case « dépenses ». On peut choisir, et c’est mon cas, de parier sur la case « recettes ». Il s’agit tout de même de libérer le potentiel économique de zones entières qui ne sont actuellement pas ou peu exploitées, et d’offrir à des centaines de milliers de Franciliens une offre de logements considérables et à des coûts raisonnables.

Cécile Duflot critiquait déjà en 2010 le Grand Paris au motif qu’il n’était qu’un réseau de transport sans autres perspectives. Elle ne voulait déjà pas admettre qu’il sera en réalité la pierre angulaire d’un développement des territoires qui n’a de comparable que les travaux du baron Haussmann ou ceux du préfet Delouvrier. Les deux partageaient une même stratégie : miser sur la rentabilité du foncier créé pour financer leurs projets et une même vision : réfléchir à l’échelle d’un siècle, et non à celle d’un quinquennat. Cela fait là aussi une différence de taille avec Cécile Duflot.

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