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Le Monde, le 2 juin – C’est le dernier cri de la « juppette ». A 63 ans, Françoise de Panafieu, qui fut l’une des douze femmes nommées dans le gouvernement Juppé en 1995 avant d’être débarquée six mois plus tard, s’apprête à tirer le rideau de sa vie politique : la députée UMP d’une circonscription à cheval sur les 16e et 17e arrondissements de Paris, élue en continuité depuis vingt-quatre ans, ne se représentera pas aux élections législatives de juin. Elle ne décolère pas pour autant contre ce qu’elle appelle de sa voix tranquille « le scandale de mon parti machiste ».

Onze ans après la loi sur la parité, un an après celle qui exige des entreprises 40 % de femmes dans leur conseil d’administration, l’Assemblée nationale sortante compte 18 % de femmes. Le Parti socialiste a fait un effort de parité pour les investitures quand le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a fait, lui, son mea culpa : il a privilégié les sortants pour avoir « le maximum de députés « . Résultat : sur les 577 candidatures présentées par l’UMP aux élections législatives, 72 % sont des hommes ; sur les six circonscriptions de droite à Paris, ce sont six hommes qui ont été investis et les femmes placées ailleurs, dans des circonscriptions « à gagner », comme on dit.

« On n’a jamais vu ça ! s’emporte Mme de Panafieu. Aucune femme de droite ne sera élue à Paris en 2012 ! Depuis trente ans que je fais de la politique, je n’ai jamais connu Paris sans une femme députée. Ma mère, qui a été députée, non plus. » Et l’élue en colère de poursuivre : « Les députés UMP qui votent et élaborent les lois ne sont pas capables de les respecter. L’UMP, ce grand parti du pays des droits de l’homme et du citoyen, s’assoit sur la loi qui exige la parité et ne respecte même pas le préambule de la Constitution qui « favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. » Nous ne respectons pas la loi que nous avons nous-même élaborée et votée et on s’étonne que les citoyens ne nous respectent pas ! »

LE PROFIL IDÉAL

Avant de partir, la députée a voulu préparer la place à des femmes plus jeunes. L’une d’entre elles avait le profil idéal : Brigitte Kuster, 53 ans, politique aguerrie, conseillère régionale, conseillère municipale, maire du 17e arrondissement, l’un des plus gros de Paris. L’UMP a préféré investir Bernard Debré, 67 ans, dont la circonscription a fondu lors du découpage électoral de 2009. Mme Kuster se présente en dissidente.

Lors de la commission d’investiture de l’UMP, elles ont été trois à prendre la parole pour la défendre : l’ancienne garde des sceaux Michèle Alliot-Marie, l’ancienne ministre déléguée Nadine Morano et Françoise de Panafieu. Rachida Dati, elle, la soutient rageusement sur Twitter.

« Bien des hommes m’avaient dit à voix basse qu’ils militeraient pour elle, raconte Mme de Panafieu. Mais à la commission d’investiture, il n’y avait plus personne… Quand je suis sortie de là, lâche cette fille d’un ancien des Forces françaises libres, je me suis dit : « Waouh ! s’ils se planquent sous la table ici, en temps de guerre, dans la cave de qui j’irais me réfugier si j’étais poursuivie ? »

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