Suivez-moi sur Twitter
Recevez la newsletter

La jeunesse n’est qu’un électorat pour François Hollande. Et lorsqu’il parle à un électorat, il lui dit ce qu’il veut entendre. Ou ce qu’il aimerait, d’après lui, entendre. Aussi, le candidat socialiste multiplie t-il les propositions pour les jeunes, qui ont en commun d’être aussi coûteuses qu’imprécises.

Hollande fait avec eux ce qu’il fait avec le reste de la population, il recycle des vieilles idées qu’il maquille sous des appellations plus ou moins habiles. Le « contrat de génération », dont Martine Aubry elle-même dénonçait pendant les primaires le principe, en est une parfaite illustration.

Il s’agit de faciliter l’embauche des jeunes sans formation grâce à un système d’exonération de charges sociales. Cet allégement étant conditionné à l’engagement du patron de ne pas licencier un employé de plus de 55 ans. Le système d’incitation favoriserait donc à la fois l’entrée des jeunes et le maintien des plus anciens dans l’entreprise.

Cette mesure coûterait 8 milliards d’euros sur 5 ans et serait financée, en partie, par la suppression d’autres allégements sociaux consentis par le gouvernement aux entreprises.

Intellectuellement, et hormis son coût exorbitant, l’idée peut paraître sérieuse. Pourtant, à son habitude, François Hollande ne dit pas ni la durée précise du contrat, ni la nature des droits qu’il apporterait à son bénéficiaire. Pire, cette réforme est conditionnée à un choix politique, de taille cette fois : le retour ou non à la retraite à 60 ans. C’est une promesse du candidat, mais personne ne peut y croire.

Autant de sujets qui conditionnent sa mesure. Il les renvoie systématiquement à un hypothétique dialogue social avec les syndicats (très sceptiques sur la mesure). Finalement, François Hollande redoute la critique qui valut les pires ennuis à Edouard Balladur avec le CIP et Dominique de Villepin avec le CPE, celle de créer un contrat de travail jeune, un droit à côté du droit commun. De créer, en somme, un effet d’aubaine qui, au terme du contrat et des avantages qu’il procure aux entreprises, se retourne contre les principaux bénéficiaires de la mesure. Car c’est de cela en réalité dont il s’agit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *