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Monsieur le Président, Cher(e)s Collègues,

Le budget « Transports » est le plus important par le poids qu’il représente dans le budget global de la Région. Comment pourrait-il en être d’ailleurs autrement lorsque l’on sait que ce secteur touche, dans leur vie quotidienne, une très grande majorité de nos concitoyens franciliens ?

Dans ce contexte, quelle est aujourd’hui la situation dans ce domaine en Île-de-France ? Elle est, vous le savez, dramatique à bien des égards. Il suffit juste de passer en revue l’état des lignes de RER pour avoir une idée du niveau de dégradation atteint.

Le RER A ? Une des lignes les plus empruntées au monde qui a nécessité l’intervention forte du Président de la République en 2008 pour que le renouvellement des rames puisse avoir lieu beaucoup plus tôt que prévu. C’est ainsi que 3 ans ½ plus tard, les premières rames du MI09 sont aujourd’hui déjà en service, là où depuis le mandat de négociation que vous avez reçu pour négocier avec la SNCF, il aura fallu près de 6 ans pour aboutir à un Francilien à peine fiabilisé.

Le RER B ? Des trains amiantés alors qu’ils reviennent tout juste de rénovation et qui ont dû être retirés de la circulation en urgence, avec pour conséquence immédiate un parc de rames réduit de 15% donc insuffisant pour assurer le nombre normal des missions sans compter des usagers aux prises avec un service absolument indigne.

S’agissant de la partie sud de cette ligne, oubliée de la 1ère mouture du plan de mobilisation régional pour les transports, l’adoption du schéma directeur n’est prévu qu’en 2013 sans espoir de travaux avant 2020, laissant entrevoir encore de longues années de galère pour les 900.000 usagers qui l’utilisent quotidiennement.

Le RER C ? Un matériel roulant prévu pour être renouvelé en partie dans 14 ans et pour le reste dans 24 ans, avec une amélioration des infrastructures certes engagée mais qui au rythme où vont les choses risque de ne bénéficier qu’aux enfants des usagers actuels.

Le RER D ? la pire des lignes franciliennes de RER avec un taux de régularité en chute libre sur les 6 premiers mois de l’année et 15% en deçà de ce qu’il devrait être pour respecter les prescriptions du STIF.

Même le RER E dont la mise en service est plus récente n’est pas exempt lui non plus de dysfonctionnements et n’est déjà plus au rendez vous de la ponctualité au regard des exigences contractuelles. Espérons que cela rentrera dans l’ordre avant son prolongement à l’Ouest dont on ne peut que se réjouir et moi particulièrement en tant que maire du 17ème avec l’arrêt retenu Porte Maillot.

Je pourrais également ajouter la ligne H du Transilien qui aurait dû être dotée de 60 rames flambant neuves et qui n’en compte aujourd’hui à peine la moitié sans que les problèmes de fiabilité ne soit totalement résolus.

Enfin comment ne pas évoquer la ligne 13 du métro dont chacun connait les conditions de transport déplorables qu’elle réserve à ceux qui l’utilisent et dont les solutions immédiates proposées ne sont pas à la hauteur de la situation. Mais saluons à ce stade le prolongement de la ligne 14 qui devrait permettre d’améliorer les choses, malheureusement pas avant 2017.

Alors face à un tel constat, que propose la Région en 2012 ? Une augmentation du budget transports de +26% dites-vous mais ce n’est que sur la partie « Transports en commun » ? La vérité, c’est que le budget global « Transport » n’augmentera que de 8%, passant de 1,196 à 1,292 milliards.

Mais le pire est ailleurs. L’Etat vous a accordé des recettes supplémentaires afin d’investir dans la modernisation des transports : 119 M€ en 2012.

Le Président de la République le rappelait d’ailleurs la semaine dernière lors de son intervention sur les transports urbains, « un sujet qui concerne, chaque jour, plusieurs millions de personnes rien qu’en Île-de-France, n’est pas un sujet mineur (…). Investir est indispensable à la qualité de service et à la régularité des transports collectifs. C’est aussi le moyen de préparer l’avenir, de réaliser les liaisons qui soutiendront demain la croissance de nos territoires ». Et je tiens également à souligner ici, l’engagement sans faille du Président de la République sur le Grand Paris.

Or la Région ne présente un investissement supplémentaire pour les transports que de

86 M€. Alors cherchez l’erreur ! Où sont passés les 33 M€ manquants ?

Non seulement le surcroît d’investissement en 2012 pour les transports, c’est l’Etat qui le finance ramenant à zéro l’effort propre de la Région mais qui plus est, l’exécutif régional a capté au passage 33 M€ pour financer d’autres opérations non prioritaires.

Mais comment ne pas avoir en tête l’état d’exaspération et de colère de nos concitoyens aujourd’hui, qui éprouvent un véritable sentiment d’abandon surtout lorsqu’ils sont entassés sur les quais en attendant l’arrivée d’hypothétiques trains ! La Région se doit d’être au rendez-vous et d’y mettre tous les moyens.

Mais votre priorité semble avoir été ailleurs : instaurer la tarification unique du Pass Navigo. Le financement à ce jour est encore des plus aléatoires ! C’est le moins que l’on puisse dire !

C’est tellement plus facile de mettre les tarifs au niveau d’un service de transports dégradés plutôt que de rehausser la qualité des transports pour la mettre en adéquation avec les tarifs !

Je rappelle d’ailleurs que vous n’avez pas attendu la hausse de la TVA de 5,5 à 7% pour augmenter de manière importante les tarifs : + 3,9% en moyenne en 2010 et + 2,7% en moyenne en 2011.

Or pour nous les priorités sont d’améliorer l’offre et la qualité de service. Force est de constater que les objectifs d’amélioration de l’offre existante, notamment en matière de régularité et de meilleures conditions de voyage, et de création d’une offre nouvelle, permettant un meilleur maillage de desserte de nos territoires, ne sont pas au rendez-vous ! Quant au plan de mobilisation de la Région, il arrive bien tard et s’avère pour nous insuffisant.

Nous avons une autre inquiétude. Elle concerne les crédits alloués aux « routes ». Ces crédits ne s’élèvent qu’à 8% du budget global. Mais qu’en restera t-il après l’adoption des amendements gagés sur ces crédits.

Ainsi, afin de répondre aux vraies attentes des usagers que vous semblez ne pas entendre, on se serait plu à espérer que le budget transports pour 2012 eût été plus à la hauteur des enjeux qu’il ne l’est !

Malheureusement, ce n’est pas le cas. Dans ces conditions, vous comprendrez que nous votions contre le budget que vous nous soumettez.

Je vous remercie.

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