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LE JOURNAL DU DIMANCHE, le 27 février 2011 – La mairie UMP du 17e arrondissement s’oppose au plan Delanoë pour ce futur quartier, dont les plans sont soumis à enquête publique jusqu’au 4 mars

DES IMMEUBLES d’habitation ne dépassant pas 37 mètres de haut, une nouvelle tour – mixte – en bordure du périphérique, une esplanade au-dessus des Maréchaux, une coulée verte, un pont végétalisé … Le JDD dévoile le contreprojet de la mairie du 17e pour le futur quartier des Batignolles. La maire de l’arrondissement, Brigitte Kuster (UMP), préfère parler de « contribution concrète, crédible et réalisable » ou de « nouveau regard » par rapport au projet de la Ville de Paris, porté par Bertrand Delanoë (PS).

L’avenir de cette dernière grande friche parisienne, qui aurait dû accueillir le village olympique, fait polémique depuis l’échec de la candidature de la capitale française pour l’organisation des JO 2012.

L’opération Clichy-Batignolles couvre 54 hectares au nord-est·· du 17e, délimités par le périphérique, l’avenue de Clichy, la rue Cardinet et le faisceau ferré de la gare Saint-Lazare.

Quelque 6.500 nouveaux habitants et 8.000 visiteurs par jour sont attendus d’ici à 2017.

L’aménagement de ce futur quartier fait l’objet, depuis le 24 janvier, d’une enquête publique qui se clôture le 4 mars. Les habitants sont appelés à donner leur avis sur la révision simplifiée du plan local d’urbanisme (PLU). Et notamment sur les principaux objectifs du projet : implanter au nord le futur Palais de justice de Paris – un « geste architectural» de 120.000 m2 qui s’élèvera à 160 mètres de haut -, ainsi que la direction générale de la police judiciaire.

Sont aussi prévus quelques immeubles de grande hauteur – certains jusqu’à 50 mètres, soit 15 étages – autour du parc Martin-Luther-King de 10 hectares, dont 4,3 sont déjà sortis de terre.

Or, l’hostilité des riverains au projet est patente à la lecture du registre de l’enquête publique.

Ceux qui ont pris la peine de s’exprimer s’opposent à l’idée de bâtiments de plus de 37 mètres, la hauteur réglementaire depuis 1977. Le Conseil de Paris a autorisé, en novembre dernier, ce déplafonnement dans certains quartiers de la périphérie parisienne.

 C’est dans ce contexte que la mairie UMP du 17e fait ses propositions. « Le projet de la Ville est une erreur historique, on ne peut pas laisser faire ça », estime Brigitte Kuster. Elle a donc fait appel à un architecte urbaniste, Bernard Lamy, qui a « concrétisé» ses idées « sans remettre en cause l’économie générale» du projet (foncier, espaces verts, équipements …).

Première critique: le schéma initial « accentue la coupure entre le nord et le sud du 17e » et « isole la Cité judiciaire» du reste de la ZAC. L’urbaniste suggère de « recoudre les territoires », notamment grâce à une « coulée verte » qui raccorderait le parc au vieux square des Batignolles, mais aussi à la gare de Pont-Cardinet, un peu à l’écart, et au boulevard Pereire.

Un « large pont végétalisé » au-dessus de voies ferrées relierait la ZAC au quartier Saussure.

Des « pénétrantes vertes» connecteraient le parc aux rues alentour, tout en évitant l’effet « mur d’immeubles de bureaux» prévu le long des rails, que Brigitte Kuster juge « lugubre et propice à l’insécurité ». Elle réclame de la mixité logements/bureaux et un parc de 16 hectares, soit 6 d’espaces verts supplémentaires. Afin de regagner les mètres carrés perdus (par rapport au projet présenté), la maire du 17e imagine une tour de 70.000 m2, abritant des bureaux, des logements résidentiels – comprenez « de luxe» – et un hôtel, à côté du nouveau Palais de justice, le long du périphérique, sur une couverture de l’actuelle zone de fret. « Avec un restaurant panoramique au dernier étage », précise-t-elle.

Au nord toujours, un franchissement du boulevard Berthier, où doit passer le tramway T3 en

2017, est proposé; plus précisément, la création d’une « place urbaine », qui ferait l’interface avec la Cité judiciaire. « Cette esplanade pourrait accueillir des commerces, des restaurants, un cinéma, de la vie … » Enfin, Brigitte Kuster demande le « maintien du PLU actuel (37 mètres) », hormis sur la zone nord. Elle rêve d’une piscine ou d’une patinoire, ainsi que d’un deuxième parking souterrain aux abords de la Porte de Clichy. Son contre-projet ne générerait « aucun surcoût », assure-t-elle. Elle le présentera prochainement à Anne Hidalgo, la première adjointe (PS) chargée de l’urbanisme. Et le 16 mars aux habitants du 17e. Si la population y adhère, elle envisage déjà un référendum local.

 Le dossier, les plans et le registre de l’enquête publique sont consultables à la mairie du 17e

(16, rue des Batignolles), jusqu’au 4 mars. Sur demande, du lundi au vendredi, de 8h30 à 17 h; le jeudi jusqu’à 19h30.

Bertrand Gréco

7/02/11 – Bertrand Gréco

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