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Le 22 septembre. Un matelas crasseux encadré pardeux tables de nuit récupérées sur le trottoir, une gamelle de pâtes à la sauce tomate, des cadavres de bouteilles de bière et de vin rouge,des livres de poche … C’est au pied du bureau de poste installé le long de la très passante avenue de Saint- Ouen, dans le XVIIe arrondissement, que Jean-Philippe et ses compagnons d’infortune ont élu domicile, il y a maintenant trois ans et demi. « Il y a des flaques d’urine sur le trottoir et ça sent mauvais, s’emporte une mère de famille. Mon enfant ne veut plus passer par là pour aller à l’école. Je ne comprends pas qu’on n’ait toujours pas réussi à trouver de solution. »

Des passants à la mine dégoûtée changent de trottoir. Dans quelques jours, le bureau poste va rouvrir, après d’importants travaux de rénovation. Mais à l’extérieur, rien n’a changé. La devanture a toujours des airs de cour des miracles. « Le problème, résume Brigitte Kuster, la maire (UMP) du XVIIe arrondissement, c’est que ces SDF sont attachés à ce territoire qu’ils se sont approprié. » Jean-Philippe, un sans-abri de 51 ans, qui affirme être père de quatre enfants et titulaire d’un Deug de sociologie, le dit lui même: « Ici, c’est chez moi. Je ne veux pas dormir dans les centres d’hébergement d’urgence, ni habiter dans un appartement. Il y a quelques mois, mon oncle m’a invité à passer la nuit chez lui. J’ai pris un bon bain chaud. Nous avons discuté autour d’un bon repas. Et je me suis couché sous la couette. Je me sentais vraiment bien. Mais à 6 heures du matin, je suis parti. La rue, c’est une addiction. »

Jean-Philippe dort sur place, sa guitare sous l’oreiller. Et attire autour de lui d’autres SDF en journée. Cepetit groupe de sans-abri est désormais bien connu du quartier. Des habitants viennent leur apporter de la nourriture, des couvertures et parfois un matelas pour remplacer celui qui a été enlevé par les agents de propreté de la mairie. « Ils sont gentils, confie Sabrina, une sexagénaire. Je leur amène à manger presque tous les jours. » « Au début, ils n’étaient pas faciles et je me suis braqué, convient Gérard, le disquaire d’à côté. Mais la situation s’est améliorée. L’environnement est moins sale qu’au début et mon regard a changé. Ce sont des gens cultivés qui ont de la conversation. Les passants essaient de se donner bonne conscience en leur donnant quelques pièces. Mais ces sans-abri ont surtout besoin de reconnaissance. Ils ont tous vécu une histoire d’amour malheureuse et ont sombré très vite après une séparation. On se dit qu’on aimerait faire quelque chose pour les sortir de là. Mais je ne vois pas de solution. » Les employés de la poste non plus.

« Les services sociaux viennent les voir, la police les embarque parfois, mais ils finissent toujours par revenir. Des clients se plaignent et les habitants ont fait une pétition. S’il existait une solution, elle aurait déjà été mise en oeuvre. La direction de la Poste ne souhaite pas s’étendre : « On a conscience du désagrément pour la clientèle du bureau de la poste, mais ces SDF sont sur la voie publique. Nous n’avons pas les moyens d’agir. »
Même constat de la part de la maire, Brigitte Kuster : « Nous n’avons pas de pouvoir direct. Nous avons saisi les services sociaux. Les associations font des maraudes. Les agents du service propreté font des opérations de nettoyage. Les forces de police les conduisent au commissariat lorsqu’ils sont en état d’ébriété. Mais ils sont relâchés au bout de vingtquatre ou quarante huit heures. Et les problèmes recommencent. »

Pour l’élue, la seule solution pour sortir de l’impasse serait de convaincre ces SDF d’aller dans une structure pérenne garantissant une prise en charge 24 heures sur 24. Mais pour l’heure, les services sociaux et les habitants du quartier n’ont pas réussi à les convaincre d’abandonner la rue.

C.H

2 réponses à Le Parisien : Le casse-tête des SDF sédentaires

  • Il y a le même problème avenue de Wagram devant la poste , il serait bon d’en avertir le Préfet de police

  • Il serait plutôt temps que les pouvoirs publics prennent en charge ces problèmes au lieu de se défausser sur des personnes qui se voient ensuite accuser d’être inhumaines par ce qu’elles ne supportent pas la situation! Il n’est pas normal que des gens subissent les désagréments de SDF qui élisent domicile devant leur immeuble. Que ceux qui dénoncent l’attitude agressive des habitants de l’immeuble à l’égard des SDF les accueillent alors devant le leur et vivent les joies régulières des flaques d’urine devant le perron, des excréments dans l’entrée, des odeurs putrides dans la cage d’escalier l’hiver, des cris à 2h du matin, des insultes, des risques sanitaires (et oui des SDF ont la tuberculose et quand vous marchez dans un de leurs nombreux crachats vous emmenez chez vous de tendres bacilles…).

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